L’EMPREINTEJéhovah
Les animaux terrestres

Galerie 25 — Le cabinet des merveilles

Les animaux terrestres

Dix-sept brevets déposés par la nature. 17 fiches techniques, dont 17 déjà illustrées.

17 dossiers techniques

Ce que cet organisme sait faire

Du castor qui reconstruit une rivière à l’ornithorynque qui lit un champ électrique, la même méthode : un organe, une performance mesurée, une technologie humaine qui s’en est emparée.

Chaque fiche suit le même plan : une prouesse, deux mesures, une source vérifiable, une application humaine. Les mesures sont arrondies et attribuées ; les applications sont réelles, pas hypothétiques.

Le castor, ingénieur des rivières — Castor fiber
Fiche 001Mesuré

Le castor, ingénieur des rivières

Castor fiber

Le castor abat, transporte et assemble des arbres pour créer des barrages qui régulent le débit, retiennent les sédiments et reconfigurent l’écosystème à son bénéfice et à celui de dizaines d’espèces.

≈ 1 mhauteur d’un barrage type
≈ 3 anspour qu’un barrage notable apparaisse

Ce que l’homme en tire : Génie écologique, restauration de zones humides

Sources : S. Vogel, Comparative Biomechanics: Life’s Physical World, Princeton University Press (2003)

La circulation de la girafe — Giraffa camelopardalis
Fiche 002Mesuré

La circulation de la girafe

Giraffa camelopardalis

Pour remonter cinq mètres de cou au-dessus du cœur, la girafe possède une peau très serrée, des valves veineuses et un réseau de capillaires qui amortit le choc quand elle baisse la tête.

5,5 mtaille du mâle
≈ 280/120tension artérielle haute/basse en mm de mercure

Ce que l’homme en tire : Transfert de fluides en hauteur, biomécanique

Sources : S. Vogel, Comparative Biomechanics: Life’s Physical World, Princeton University Press (2003)

La trompe de l'éléphant — Loxodonta africana
Fiche 003Mesuré

La trompe de l’éléphant

Loxodonta africana

Une trompe n’a ni os ni articulation : ce sont des dizaines de milliers de faisceaux musculaires qui permettent de porter un tronc d’arbre et de saisir une brindille.

≈ 40 000faisceaux musculaires
≈ 300 kgcharge maximale soulevée

Ce que l’homme en tire : Bras souples, robots à câbles

Sources : S. Vogel, Comparative Biomechanics: Life’s Physical World, Princeton University Press (2003)

Le cerveau du spermophile — Urocitellus parryii
Fiche 004Mesuré

Le cerveau du spermophile

Urocitellus parryii

En hibernation, le cerveau du spermophile passe d’un métabolisme quasi normal à un ralentissement profond, puis se réveille sans lésion : une neuroprotection active que la médecine étudie de près.

≈ -2 à -3 °Ctempérature corporelle en hibernation
6 à 8 moisdurée de l’hibernation

Ce que l’homme en tire : Neuroprotection, hypothermie thérapeutique

Sources : T. Sender, S. Fuchs, R. Milo, Revised estimates for the number of human and bacteria cells in the body, PLoS Biology 14, e1002533 (2016)

La langue du chat, râpe à surface — Felis catus
Fiche 005Mesuré

La langue du chat, râpe à surface

Felis catus

Les papilles cornées sont de petits crochets creux qui retiennent la salive : le chat boit en reliant le liquide par une colonne inertielle rythmée par sa langue.

≈ 290papilles visibles sur la langue
4 fois/srythme de lapement

Ce que l’homme en tire : Brosses techniques, textiles à crochets

Sources : S. Vogel, Comparative Biomechanics: Life’s Physical World, Princeton University Press (2003)

L'odorat du chien — Canis familiaris
Fiche 006Mesuré

L’odorat du chien

Canis familiaris

Le chien sépare le flux respiratoire propre du flux olfactif, multiplie les récepteurs et possède un épithélium très replié : il distingue des concentrations que les instruments portables ne détectent pas.

≈ 300 millionsde récepteurs olfactifs (contre ≈ 6 millions chez l’humain)
1 sur 10⁹seuil de détection de certaines molécules

Ce que l’homme en tire : Nez électroniques, détection médicale canine

Sources : H. Thoen et al., A different form of color vision in mantis shrimp, Science 343, 411 (2014)

La colle de la limace — Arion
Fiche 007Mesuré

La colle de la limace

Arion

Le mucus de la limace change de propriété selon l’usage : lubrifiant pour glisser, adhésif pour tenir sur une paroi, répulsif pour se défendre. Une seule sécrétion, trois fonctions, obtenues en modifiant la quantité d’eau et les protéines qu’elle contient. C’est cette versatilité qui intéresse les laboratoires de colles chirurgicales.

≈ 3propriétés d’un même mucus
10 foisforces d’adhésion variables

Ce que l’homme en tire : Colles chirurgicales bio-inspirées

Sources : J. Michels, J. Gorb, Biological attachment devices: beetles, flies, spiders, Journal of Experimental Biology 219, 1061 (2016)

La jambe du cheval, un ressort — Equus caballus
Fiche 008Mesuré

La jambe du cheval, un ressort

Equus caballus

Les tendons de la jambe du cheval stockent puis restituent l’énergie du galop : le membre agit comme un ressort accordé, si bien que le muscle travaille peu à pleine vitesse.

≈ 90 %d’énergie restituée par le tendon pendant le galop
≈ 70 km/hvitesse de pointe

Ce que l’homme en tire : Prothèses à restitution d’énergie, robots coureurs

Sources : S. Vogel, Comparative Biomechanics: Life’s Physical World, Princeton University Press (2003)

Les moustaches du chat, radar tactile — Felis catus
Fiche 009Mesuré

Les moustaches du chat, radar tactile

Felis catus

Les vibrisses détectent des déplacements d’air de l’ordre du micromètre et permettent de se glisser dans un passage obscur sans le toucher.

≈ 24vibrisses principales
≈ 1 µmamplitude de déplacement d’air détectable

Ce que l’homme en tire : Capteurs tactiles souples, robots d’inspection

Sources : J. Michels, J. Gorb, Biological attachment devices: beetles, flies, spiders, Journal of Experimental Biology 219, 1061 (2016)

La fourrure de la loutre — Enhydra lutris
Fiche 010Mesuré

La fourrure de la loutre

Enhydra lutris

Pas de graisse : la loutre piège une couche d’air dans une fourrure extrêmement dense, ce qui isole mieux qu’un manteau de graisse et la fait flotter.

≈ 1 000 000de poils par centimètre carré
0 grasusage de la graisse corporelle isolante

Ce que l’homme en tire : Textiles isolants haute performance

Sources : S. Vogel, Comparative Biomechanics: Life’s Physical World, Princeton University Press (2003)

Le lard des mammifères marins — baleines, phoques
Fiche 011Mesuré

Le lard des mammifères marins

baleines, phoques

Le lard est un isolant, une réserve d’énergie et une flottabilité réglable : une baleine peut le moduler de plusieurs dizaines de centimètres entre l’alimentation et la migration.

≈ 30 cmépaisseur de lard chez certaines baleines
jusqu’à 50 %masse corporelle

Ce que l’homme en tire : Combinaisons isothermes, matériaux composites

Sources : S. Vogel, Comparative Biomechanics: Life’s Physical World, Princeton University Press (2003)

La gouttière à lait du veau — Bos taurus
Fiche 012Mesuré

La gouttière à lait du veau

Bos taurus

Chez le jeune ruminant, une gouttière œsophagienne conduit le lait directement à la caillette, en évitant le rumen inactif : un circuit court intégré, qui se ferme avec l’âge.

2 trajetspossibles pour le bol alimentaire
≈ 3 semainesâge où le rumen prend le relais

Ce que l’homme en tire : Valves biomédicales

Sources : S. Vogel, Comparative Biomechanics: Life’s Physical World, Princeton University Press (2003)

L'adhésif du gecko — Gekko gecko
Fiche 013Mesuré

L’adhésif du gecko

Gekko gecko

Des centaines de milliers de soies microscopiques multiplient les contacts moléculaires et produisent une adhésion réversible, sans colle, utilisable en apesanteur. Chaque soie n’apporte presque rien ; c’est leur nombre qui fait tenir l’animal. L’adhésif se salit pourtant, et le gecko le nettoie en marchant : un revêtement qui s’auto-entretient reste l’obstacle que l’industrie n’a pas franchi.

≈ 500 000soies par orteil
≈ 10 N/cm²force d’adhésion mesurée

Ce que l’homme en tire : Adhésifs réutilisables, robots grimpeurs

Sources : K. Autumn et al., Adhesive force of a single gecko foot-hair, Nature 405, 681 (2000)

La queue de l'agame des colons — Agama agama
Fiche 014Mesuré

La queue de l’agame des colons

Agama agama

Le lézard régule son adhérence par la queue et les griffes, et règle son freinage avant le saut : un système de contrôle moteur prédictif, sans calcul conscient.

≈ 2 mhauteur de chute maîtrisée
≈ 0,1 stemps de réaction

Ce que l’homme en tire : Robotique à pattes, contrôle prédictif

Sources : J. Michels, J. Gorb, Biological attachment devices: beetles, flies, spiders, Journal of Experimental Biology 219, 1061 (2016)

La mâchoire du crocodile — Crocodylus niloticus
Fiche 015Mesuré

La mâchoire du crocodile

Crocodylus niloticus

Des milliers de capteurs sur le museau détectent les vibrations de l’eau ; la mâchoire ferme avec une force extrême et s’ouvre avec un muscle étonnamment faible, tant l’architecture est optimisée.

≈ 1 000 capteursde pression sur le museau
≈ 16 000 Nforce de fermeture mesurée

Ce que l’homme en tire : Capteurs de vibration, pinces industrielles

Sources : H. Thoen et al., A different form of color vision in mantis shrimp, Science 343, 411 (2014)

La peau du moloch, collecteur de rosée — Moloch horridus
Fiche 016Mesuré

La peau du moloch, collecteur de rosée

Moloch horridus

Les sillons de la peau du lézard épineux transportent par capillarité la rosée jusqu’à sa bouche : l’animal boit sans jamais approcher sa gueule de l’eau.

≈ 0,5 gd’eau recueillie par rosée
réseau capillairede 0,1 mm de largeur

Ce que l’homme en tire : Revêtements de collecte d’eau, dessalinisation passive

Sources : P. Comanns et al., Moisture harvesting and water transport through specialized micro-structures on the integument of lizards, Journal of Experimental Biology 218, 2502 (2015)

La peau du serpent — Serpentes
Fiche 017Mesuré

La peau du serpent

Serpentes

Les écailles qui se chevauchent réduisent le frottement dans le sens du mouvement et l’augmentent dans l’autre. Cette anisotropie explique qu’un serpent avance sans membres : il pousse fort vers l’arrière et glisse vers l’avant. Le même motif, gravé dans un revêtement, fait progresser des tuyaux sans mécanisme mobile.

0 pattepour se déplacer
3 directionsde frottement différenciées

Ce que l’homme en tire : Surfaces à frottement orienté, tuyaux

Sources : J. Michels, J. Gorb, Biological attachment devices: beetles, flies, spiders, Journal of Experimental Biology 219, 1061 (2016)